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Origine et apprentissage
Le parcours artistique de Johanin puise ses racines à Bogor puis chemine
doucement à Port Vila grâce à quelques rencontres importantes.
Quand il avait une dizaine d'année, Johanin se souvient qu'il observait
sont père en train de sculpter des fougères de grades. Captivé par cette
activité, il essayait déjà de sculpter de petits bouts de bois.
En 1984, alors âgé de de 23 ans, il décide de s'installer à Port Vila. Il
trouve un emploi dans une blanchisserie mais ce travail n'est pas très
gratifiant. Il lui permet d'assurer un salaire régulier mais modeste.
Parmi le personnel de la blanchisserie, il fait la connaissance de John
Joseph, l'un des co-fondateurs de l'association Nawita. John l'encourage à
s'exprimer par le dessin mais il faudra encore quelques années pour que
cette idée prenne forme dans l'esprit de Johanin. En 1988, il commence à
apprendre le maniement du ciseau à bois avec Laurent Mancone, un sculpteur
traditionnel également originaire du nord d'Ambrym. Il fait son
apprentissage aux heures du midi tout en poursuivant son activité à la
blanchisserie. Cette double vie continuera jusqu'en 1996. A partir de
1998, il se consacre entièrement à la sculpture traditionnelle puis
participe, en 2000, au festival des arts du Pacifique à Nouméa. Au cours
de cette manifestation, il échange des idées avec le peintre Moses Jobo,
un compatriote originaire de l'île d'Erromango. Il prend alors conscience
qu'il existe d'autres voies que celle de la sculpture traditionnelle. Là
aussi, il faudra encore quelques années pour que cette prise de conscience
s'épanouisse.

L'exposition à l'Espace culturel français de Port Vila
Peu après son retour de Nouméa, il rencontre François et Corinne Wittersheim, résidents français à Port Vila, qui s'intéressent à son
travail et l'encouragent à explorer de nouvelles voies sans renier ses
origines.
En 2005, il réalise une exposition avec ses frères, François et Iréné, à
l'Espace Culturel français de Port Vila. Pour Johanin, cet événement
marque le début de son émancipation. Plusieurs de ses oeuvres sont alors
remarquées pour leur originalité. Quelques mois auparavant, Johanin
s'était retiré dans son village natal à Ambrym afin d'y trouver le calme
et l'inspiration nécessaire à l'effort de création. Pendant cette période,
Johanin a beaucoup interrogé les anciens du nord d'Ambrym sur les légendes
d'autrefois. Cependant, beaucoup d'histoires sont déjà perdues et Johanin
s'est aussi tourné vers les témoignages écrits des ethnologues. Dans le
texte de présentation de l'exposition à l'Espace Culturel français,
François Wittersheim interrogeait Johanin sur son projet artistique : «
Je souhaite faire revivre les objets cultuels qui existaient jadis —
explique Johanin — Pour cela, je me documente : Francis Bryard ou
encore Gaïa Fisher, une étudiante du Musée de l’Homme de Paris, me
communiquent des articles spécialisés sur la culture du nord d’Ambrym
recueillie par des ethnologues français. Je peux ainsi observer de
vieilles photographies ou gravures grâce auxquelles j’essaye de reproduire
les sculptures de jadis que malheureusement les jeunes, comme les vieux,
ont oubliées. Je tente aussi de reconstituer des objets sculptés en
utilisant d’anciennes légendes comme celle du Lézard-Volant, par exemple,
que raconte Jean Guiart dans un recueil de la Société des Océanistes ».

Les expositions à Nouméa
En 2006, sur
l'invitation de l'association calédonienne Cassiopée et avec le soutien de
l'Alliance française de Port Vila, Johanin participait au Carrefour des
Arts à Nouméa. Cette nouvelle exposition en dehors du Vanuatu était
l'occasion pour lui de montrer de nouvelles oeuvres originales. Au cours
de cette manifestation, il a pu échanger quelques idées avec des artistes
locaux et a été encouragé à poursuivre sa démarche. Une visite au centre
Tjibaou lui a aussi permis de faire connaissance avec les certaines autres
des arts du Pacifique.
Enfin, de mars à juin 2008, Johanin
exposera au centre Tjibaou. Il présentera ses dernières sculptures
accompagnées de textes et de photos. Ce sera l'occasion pour le public
calédonien d'admirer son travail et de découvrir la culture d'Ambrym. Au
cours de son séjour à Nouméa, il sera accueilli en résidence au centre
Tjibaou et réalisera une sculpture monumentale (voir la rubrique
Géant
d'Olal). Cette nouvelle expérience
calédonienne devrait lui permettre de faire de nouvelles rencontres qui,
nous l'espérons, l'encourageront à poursuivre son chemin artistique.

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